Un élan historique

Alain Juppé, Montesquieu (Perrin, Tempus)

interview-3323-4-alain-juppe-montesquieu_5293009Une biographie d’un des grands hommes des XVI-XVIIIe siècles, écrite par le maire de Bordeaux Alain Juppé. C’est rare que je lise un travail historique qui ne vienne pas d’un historien. Mais je dois dire qu’Alain Juppé s’en sort plutôt bien. On voit qu’il s’est bien documenté pour écrire le livre, et il offre ainsi une biographie fidèle et recherché, retraçant la vie du seigneur de la Brède. On a par ailleurs des citations de ses œuvres et une bibliographie à la fin du livre. Le style de Juppé vaut également le détour, avec des petites pointes d’humour ou des avis personnels, comme lorsqu’il déconseille la lecture d’une œuvre décriant le Sud Ouest. Il s’agit donc d’une agréable découverte.

 

Laurence Rees, Adolf Hitler, La séduction du diable (Le livre de Poche)

HitlerDéjà, un premier point fort pour le titre du livre que je trouve très bien trouvé. Laurence Rees nous offre ici une biographie, et à la fois un essai sur Adolf Hitler. Elle cherche à voir et à comprendre comment un homme comme lui a pu autant passionné et déchaîné les foules. C’est un documentaire, bien écrit, sur la vie d’Hitler, bien que non exhaustif, mais qui apporte l’avantage d’avoir des interviews de personnes ayant côtoyé le Führer. Le livre est très renseigné avec de nombreux documents et archives.

Hitler devait découvrir qu’il est bien plus facile pour des chefs charismatiques de se définir par ce qu’ils haïssent plutôt que par ce en quoi ils croient.

Un bon ouvrage, grâce aux recherches qu’a effectuées l’auteur, mais qui à mon sens ne vaut pas la biographie, plus que complète d’Ian Kershaw.

 

Michael Kerrigan – Histoires noires des présidents américains (éditions Jourdan)

JourdanMichael Kerrigan est un auteur spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Cette fois-ci il revient pour parler des sombres secrets des présidents américains. Plus de 40 présidents, de Washington à Bush, en passant  par Lincoln, Jefferson, Roosevelt et tant d’autres sont passés au crible de la plume  de Kerrigan pour découvrir les scandales de la Maison Blanche. L’écriture est fluide, compréhensive et l’ouvrage est enrichi de nombreuses illustrations (photo, peinture, portrait, affiches etc.). Une bonne lecture en somme avec la découverte de certains secrets d’Etat ou politique hasardeuse.

 

Liliane Creté – Les Tudors (Flammarion, Champs)

Les Tudors_Un ouvrage d’Histoire écrit comme un roman, c’est la force de ce livre. Liliane Creté, docteur en civilisation et littérature anglo-saxonne, nous fait ici l’histoire de la dynastie des célèbres Tudors. Tous les membres de la dynastie sont traités, et pas seulement les plus célèbres, avec leur victoire et leur défaite, ainsi de nombreux aspects de la vie de ces souverains, de leur naissance à leur mort (vie amoureuse, théologique, politique étrangère, famille etc.). En trame de fond ce livre, la réforme religieuse qui prend peu à peu part dans l’Angleterre des XVIe et XVIIe siècles. L’auteur ne tombe pas dans le cliché et permet de nuancer certains portraits faits de cette dynastie (Henry VIII Barbe-Bleu, Bloody Mary …).

C’est vraiment bien écrit, l’écriture est fluide, prenante, au point qu’on ait l’impression de lire un roman. C’est un livre facilement accessible à des profanes, mais qui plaira aussi aux connaisseurs par la rigueur historique dont fait preuve Creté.

 

Nicole Bacharan, Les noirs américains (Perrin, Tempus)

Noirs amércians_Le sous-titre du livre permet de comprendre exactement de quoi l’ouvrage va traiter : des champs de coton à la maison blanche. L’ouvrage est divisé en six parties, chacune sous un nom, celui que les personnes de couleur ont pu porter à travers les siècles : esclave, gens de couleurs, negroes, noirs, afro-américains, américains (vraiment). C’est donc une large et complète étude que nous propose ici Nicole Bacharan, historienne et politologue (elle a suivi la campagne de Barack Obama). On suit la situation des Noirs en Amérique depuis l’esclavage jusqu’à nos jours : leur situation, les lois, la ségrégation … On découvre la petite et la grande histoire en même temps. L’ouvrage est bien écrit, et très bien renseigné (en témoigne les 40 pages de notes, et les 30 pages de bibliographie), mais à mon sens peu accessible à des profanes. Bacharan ne laisse aucun aspect de côté, tout est traité : l’esclavage, la révolte, la guerre de Sécession, la ségrégation, le Ku Klux Klan, les guerres mondiales, les mouvements civiques, le massacre d’Emmet Till et la montée en puissance de Luther King, Rosa Parks et Malcolm X, les Black Panther, les émeutes, O.J Simpson, et bien sûr Obama. Il y a beaucoup d’annexes intéressantes comme le discours de Luther King ou une chronologie détaillée. Un excellent livre en somme !

 

Tania Crasnianski – Enfants de nazis (Grasset)

Enfants de nazisTania Crasnianski nous offre un essai sur les enfants des grands dignitaires nazis : comment ont-ils vécu avec des hommes, à la fois des monstres et des pères ? Comment se sont-ils reconstruits après la Seconde Guerre mondiale ? Que pensaient-ils des exactions de leur paternel ? Comment ont-ils vécu le passage d’enfants de héros à enfants de bourreaux ? Elle tente de répondre à ces questions au travers de 8 portraits d’enfants de nazis, dont ceux d’Himmler, Göring, Hess ou Mengele. On voit que certains enfants ont choisi l’oubli et la haine de leur origine, alors que d’autres se glorifient de descendre d’Hommes aussi « illustres ». En tout cas, c’est un essai très intéressant sur le poids des origines et de la responsabilité (ces enfants doivent-ils porter à jamais la honte de leur père ?), et l’auteur ne porte aucun jugement, quelle que soit la direction prise ces enfants devenus adultes.

 

Emmanuelle Polack – Le marché de l’art sous l’Occupation (Tallandier)

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Merci à Babelio de m’avoir permis de lire ce livre grâce à sa Masse Critique Non Fiction, et merci également à Tallandier pour l’envoi.

Ancienne étudiante en histoire contemporaine, la Seconde Guerre mondiale est ma période historique préférée. Ce livre a donc tout de suite attiré mon attention. Et je n’ai franchement pas été déçu.  Emmanuelle Polak revient sur une période sombre de l’Histoire de France, la collaboration, et sur le marché autour de l’art qui s’est mis en place à cette époque (principalement dû aux spoliations des Juifs ou tout opposant au régime de Vichy/IIIe Reich). Agrémenté de photos d’époque (prises dans des salles de ventes, tel Drouot), de lettres, de chiffres, l’auteure ne laisse rien au hasard et analyse vraiment la manière dont se sont passé les choses, chronologiquement, entre 1940 et 1944, avec le début des spoliations, jusqu’aux tentatives gouvernementales pour la restitution des œuvres.

On se trouve dans un ouvrage écrit principalement pour des spécialistes de l’Histoire (il y a de nombreuses pistes pour des étudiants ou chercheurs : sur les 303 pages de l’ouvrage, on ouvre la partie des notes/index/annexes/biographies/bibliographies à la page 201 !), mais avec une plume que même des profanes pourront comprendre. Et c’est très bien, car des fois certains ouvrages d’histoire peuvent être un peu trop complexes. Ici, Emmanuelle Polack va au fond des choses, explicite bien les notions (définition de l’art dégénéré, de ce qu’est l’Hôtel Drouot, courtes biographies de protagonistes importants …).

En somme, un ouvrage très intéressant, et bien complet, accessible à tous et facilement compréhensible !

 

 

 

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